De retour du Liban
Janine Erny (Afjet)

Lorsque en cette fin d’après-midi de septembre,  je posai, pour la première fois, le pied sur le sol libanais, je fus de suite saisie par l’accueil extrêmement  chaleureux de ceux qui étaient venus nous accueillir. La vision de Beyrouth presque entièrement reconstruite donne la mesure de l’ampleur de la rage destructrice qui l’a frappée, mais aussi de l’espoir de la reconquête de son « paradis perdu ».


Ce processus de reconstruction 
n’est pas sans changer de façon drastique, il est vrai,  urbanisme, architecture et habitat de jadis. On peut apprécier ou pas, ce n’est pas ici le débat, car l’incomparable beauté du Liban, réside ailleurs. Elle exulte dans ses bords de mer sinueux, ses hauteurs skiables, ses montagnes arides, ses cédraies (bien que très réduites maintenant), ses villages accrochés à flanc de coteaux avec leurs lieux de culte surmontés d’une croix ou d’un croissant de lune, ses arbres fruitiers, ses cultures, et tout particulièrement dans ses ruines incomparables, témoins de tant de civilisations qui se sont succédées depuis les temps bibliques.

Des noms comme Tyr, Sidon, Baalbek, Byblos [1] , jusque-là abstraits pour le visiteur, prennent tout à coup forme de pierres sculptées, s’élançant vers le ciel indigo. Cesvestiges, vecteurs de nombreux mythes et légendes,  nous parlent de la communication fervente qu’entretenaient les hommes vec leurs dieux, tantôt phéniciens, grecs ou romains.

[1]à Byblo(en gr. biblion=livre ) le sarcophage de d'Ahiram du Xe s. av. J.-C, porte la plus ancienne inscription alphabétique.

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