Un Tourisme pacifique
La Traversée de l'Atlantique

de Bernadette Gineste (AFJET)

II n'y a pas de saison pour les plaisirs de la voile... et de la mer. Même en hiver, on navigue. Le trophée Jules-Verne, Louis Vuitton Cup, la Route du Rhum (Saint-Malo, la Guadeloupe)..., les grandes courses ont le vent en poupe ! Mais, il existe une autre « Route du Rhum », la Britannique appelée A.R.C. (Atlantic Rally for Cruises). Les Canaries-Sainte-Lucie, décembre 2002.

Quand on a des amis qui filent .. .- à !'Anglaise vers le large, 4 hommes sur un monocoque de 13 mètres, ce serait fou de ne pas aller les saluer à l'arrivée, de connaître Sainte-Lucie, et de faire aussi un reportage sur cette île moins connue des Caraïbes.

Fluctuat nec mergitur

Partis de Las Palmas, ils sont arrivés au bout de 17 jours, après un périple de 2.800 milles. Christophe Colomb, lors de son 2e voyage, en a mis 22 !

"Faire la Transat"", ce n'est pas une mince affaire... La mer est une star avec ses coups de gueule, ses vagues de furie, sa séduction aussi.

En colère, elle devient une tueuse, qui pose ses lèvres mouillées sur les rochers et cache son poignard dans l'écume. Mais, ange ou démon... on l'aime.

 

Bienvenue à Bord

On n'a pas un instant de répit sur un voilier, et on doit savoir tout faire... Surveiller les voiles, le vent, la météo, les écoutes, concocter la cuisine. Et quand les risées passent à 20 noeuds, on doit surfer sur les lames ! La nuit, c'est l'angoisse...

La Perle des Grenadiers

  Si la mer se démonte, on se remonte le moral, avec une rasade de Gnac (rhum sous ces latitudes) ; et voilà... Tout va mieux dès qu'on entre dans la zone des Alizés, ces vents qui vous poussent vers les Caraïbes. Alors, embruns sur le pont, petite musique du foc, soleil. Quel bonheur...

La Perle des Grenadines

  Si la mer se démonte, on se remonte le moral, avec une rasade de Gnac (rhum sous ces latitudes) ; et voilà... Tout va mieux dès qu'on entre dans la zone des Alizés, ces vents qui vous poussent vers les Caraïbes. Alors, embruns sur le pont, petite musique du foc, soleil. Quel bonheur...

Et puis, un certain matin, Sainte-Lucie est en vue... ; le farniente, enfin, au bout du quai, après 17 jours de navigation. Proche de la Martinique, indépendante, Français et Anglais se l'arrachèrent et se la prirent 14 fois. La plupart des noms sont français, mais on y parle toujours le créole et... l'anglais et on conduit à gauche.

Très montagneuse, l'île est superbe : vaste paysage de mornes, entrecoupé de gorges et de vallées profondes et bien vertes. Elle fait partie des Grenadines, ces îlots égrenés comme autant de notes de musique sur la partition Atlantique...

  Bananiers, cocotiers, plages de sable blanc, surtout sur la côte Caraïbe, mer turquoise, et fonds coralliens : lesingrédients de la pause tropicale y sont réunis. Et toujours, l'agréable saison qui n'en finit pas, et invite à porter bermuda et chemise fleurie... voir, entre deux baignades, le petit port Castries, le vieux fort et le site des 2 pitons-Pains de sucre. Une curiosité !



La traversée de l'Atlantique... est-ce un dépassement de soi ? un exploit sportif ? le rêve au bout de la proue ? On cherche le vent, et on trouve... son âme, et pourquoi pas aussi, une île magique... Trop fréquentés les Caraïbes ? Peut-être, mais c'est, quand même, un paradis au Beau Fixe à 7 heures de vol de Paris. Un cap de vacances encore plein d'espérance.