ALLOCUTION DU PRESIDENT

DE L’ASSOCIATION FRANCAISE DES JOURNALISTES ET ECRIVAINES DU TOURISME

 ARNAL DELFORGE LORS DE LA REMISE DU GRAND PRIX LITTERAIRE DU TOURISME 2002

A LA MAIRIE DE LYON

LE 15 AVRIL 2003

 

Monsieur l’Adjoint au Maire,

 

Notre association de Journalistes et Ecrivains du Tourisme éprouve beaucoup de plaisir a être accueillie si généreusement et fastueusement sous les ors de votre Hôtel de Ville.

Vous voulez bien montrer ainsi l’importance que vous attachez à cette grande ressource de notre époque de Tourisme.

Nous nous trouvons être la première organisation de tourisme ; elle a vu le jour en 1936 époque en France de l’éclosion des loisirs. C’était la période du Front Populaire, de l’institution des congés payés, de la première réduction du temps de travail et par voie de conséquence du développement des récits sur les voyages, les sites balnéaires, les stations de sports d’hiver, les sites pittoresques, les destinations attrayantes.

Notre mouvement de Presse touristique est né, sur ces entrefaites, d’un phénomène analogue à celui que nous célébrons aujourd’hui : la remise d’un Prix Littéraire du Tourisme.

Les lecteurs de 1936 se montraient avides des nouvelles parutions mais ressentaient un besoin d’être renseignés, conseillés, rassurés, sur les récits relatifs aux vacances.

Un cénacle d’écrivains parisiens prit les choses en main et décida de distinguer et de recommander chaque année un ouvrage touristique de bonne facture. Ce comité s’érigea en l’Association qui allait devenir celle des Journalistes et Ecrivains du Tourisme, l’AFJET. Ce rôle originel de notre organisme est demeuré bien vivace puisque … nous sommes là auprès de nos lauréats Jean-Luc CHAVENT et Yves NEYROLLES.

L‘AFJET est désormais composée de toutes les personnes représentant la Communication Touristique à savoir les journalistes qui tiennent la rubrique touristique de quotidiens ou de magazines, les écrivains ferroviaires, aériens, maritimes, fluviaux, les conférenciers notamment ceux de l’Ecole du Louvre, les attachés de presse auprès d’organismes de tourisme. Y figurent également les auteurs et éditeurs de guides de tourisme renommés, les rédacteurs en chef, les chroniqueurs de voyage en tous genres ainsi que des journalistes de la radio et de la télévision.

Le choix de Lyon pour cette cérémonie du prix nous ravit. Cette ville a abrité, en effet, d’illustres prédécesseurs.

Citons entres autres : l’auteur de la Guerre des Gaules, Jules César, en 52 AC. Il appréciait le site de Lugdunum. Pratiquant une sorte de tourisme militaire il était venu pourchasser des soldats helvètes qu’il avait pu rattraper grâce à la lenteur de la Saône. Décrivant cette rivière, il précisait qu’à cause de sa lenteur on ne voyait pas sa direction.

Maurice Scève, au XVIème siècle, ami de Clément Marot, grand poète lyonnais, rimait en parcourant les deux grands fleuves ; il chantait ;

« la violence masculine du Rhône

la douceur féminine de la Saône »

et les considérait comme des amants parfaits.

Au XIXème siècle Alphonse Daudet se sentait à Lyon le Petit Chose et se rappelait son arrivée à l’âge de 9 ans sur une grosse embarcation dont la cloche sonnait Lyon ! En 1897 Frédéric Mistral, qui voyageait fréquemment entre Lyon et la Provence, magnifiait la batellerie fluviale dans son célèbre « Poème du Rhône ». C’était un précurseur de la Compagnie de Croisière, Croisi Alsace – Croisi Europe dont les superbes navires, aux 80 cabines, voguent régulièrement depuis 6 ans de Lyon a Martigues et de Lyon à Chalon-sur-Saône.

Le décor étant planté évoquons les critères du prix ; ils peuvent se résumer en un seul. Il importe que l’ouvrage par la qualité de son texte et de ses illustrations donne une envie irrésistible de se rendre vers la destination envisagée.

Chers Jean-Luc Chavent et Yves Neyrolles vous êtes allés au-delà de cette exigence ; votre livre incite non seulement à se rendre à Lyon mais donne la nostalgie de ne pas s’y être établi. Vos illustrations Yves Neyrolles pleine de sensibilité et d’originalité ne sont rien moins qu’enchanteresses. Vous nous avez intrigué, déjà, Jean-Luc Chavent, avec votre ouvrage précèdent Lyon Méconnu en trois tomes. Une suite était nécessaire ; il nous fallait un Lyon reconnu ; c’est chose faite et fort bien avec « Lyon un patrimoine mondial ». Reconnu il l’est non seulement par l’UNESCO qui a inscrit son site touristique au patrimoine de l’humanité mais surtout par tous vos lecteurs. Nul endroit autre que cette illustre mairie ne pouvait convenir pour attribuer un prix concernant la métropole des Gaules.

Nous avons été devancés par les belles filles de notre pays qui s’y sont donné rendez-vous il y a quelques mois en 2002. Il s’agissait d’élire la Miss France 2003 alors que nous en 2003 nous choisissons nos lauréats de l’an 2002. Ne nous taxez pas de lenteur ou de négligence. N’y voyez qu’un excès de scrupule.

Il s’est produit l’an dernier un phénomène curieux, inattendu ; la moisson de livres à caractère touristique était surabondante. Nous avons dû remettre plusieurs fois sur l’ouvrage et après maints conclaves le jury a retenu non pas un mais onze livres de valeur et d’intérêt égaux. Enfin au cours d’une ultime délibération tenue dans l’agglomération lyonnaise, il y a peu, la fumée blanche est apparue signalant le bon choix : ‘Lyon un patrimoine mondial ». Apprécié  a été aussi le texte en deux langues, français et anglais, susceptible d’ajouter un courant touristique anglo-saxon vers la cité. Vous ne serez pas Jean-Luc Chavent et Yves Neyrolles en trop mauvaise compagnie, parmi les titulaires du Prix littéraire de l’AFJET ; il y eu avant vous quelques célébrités comme, entre autres, André Siegfried académicien et professeur de Sciences Politiques, l’alpiniste écrivain Roger Frison-Roche, les spécialistes du Japon Daniel et Yves Mahuzier, Dominique Fernandez auteur d’un voyage en Italie à grand succès…

Ce culte que vous vouez à Lyon, messieurs les lauréats, nous le partageons. Si notre siège social demeure à Paris, notre siège administratif est dans la région lyonnaise. L’ethnie Rhône alpine est dans notre Association, à coté de la Parisienne est de l’Alsacienne, l'une des plus importantes. Les éditions des Points Cardinaux qui ont réalisé l’ouvrage de mes amis Neyrolles et Chavent résident également dans l’agglomération. Elles portent bonheur aux auteurs, car l’an dernier le grand Prix de l’Académie d’Alsace est allé à Monique Mangold, écrivaine des « Plus Beaux Villages d’Alsace » qui avait eu recours au fameux éditeur rhodanien.